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Ballade Ligurienne 24 octobre 2010

 

RAPPORT SORTIE N° 5 « BALLADE LIGURIENNE » 24/10/2010

Annie et Daniel GIRAUD Organisateurs.

 

En ce matin du 24 octobre, ils étaient dix ou cent ou mille sur ce champ de bitume face à la mer ourlée d’écume. Waterloo d’un autre siècle, prémisse d’une victoire pour les uns et d’une terrible défaite pour les autres…. Oui, ils étaient dix ou cent ou mille avec leurs drôles de calèches venues du futur sur une aire sauvagement appelée Cap 3000….

Waterloo morne plaine et pourtant que de joies chez ces curieux bipèdes, heureux de se retrouver en ces lieux emblématiques du commerce ! D’abord, Daniel et Annie « G », les maîtres de cérémonie attendent leurs invités qui ne manquent pas d’arriver à l’heure dite. Les attelages sont de qualité et l’on remarque même quelques purs sangs venus d’outre Manche et même, oh comble d’ironie d’outre Rhin, ceci malgré le blocus continental. Ah que le monde est cruel !...et pourtant il s’agit de franchir le Rubicon à nouveau et d’aller porter la flamme Française chez ces Liguriens qui en d’autres temps nous ont offert la leur. Choc des civilisations ! Choc de Titans en ces lieux suintants d’Histoire…Les attelages, sous la conduite d’Annie et Daniel foncent sus à l’Est, à l’heure dite. Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent !...La preuve en est donnée après la frontière où un équipage est en grand péril mécanique. L’Alfa (et l’Oméga) de Daniel « A » se sent mal et a ses vapeurs… Que cela ne tienne, la science moderne ne recule pas devant l’obscurantisme et Docteur Alain est là et bien là avec ses remèdes matérialistes. En deux coups de clé (hélas anglaise) et une bobine de rechange (prudemment conservée par Daniel « A ») voici la belle Italienne, tout à l’heure au bord de la tombe, complètement ressuscitée ! La Victoire a ses Ailes et nous avons du mal à regrouper la troupe de ceux qui recherchent, un cabinet d’aisance pour soulager leurs besoins naturels, de l’avoine pour leurs chevaux ou ceux qui veulent à juste titre après tant d’émotions, mettre leurs bottes sous une tasse bien tassée d’un Capuccino ou d’un Chocolato, comme hélas on ne sait plus les préparer chez nous avec en primes des biscuits futuristes…. Mais le devoir ingrat des Organisateurs vient casser ce moment de plénitude et un nouveau départ est donné. Les Grands Hommes font leur propre statue et l’avenir fait le piédestal ! Daniel en sait à présent le poids. Le voici à la tête de la meute au sein de ces forêts féroces et ces précipices impitoyables ! Tous ont confiance en ce chef de meute !...et pourtant… la solitude du Grand Homme est immense ! Ira-t-il jusqu’au bout ?... Oui, car le Jeune Homme est Beau et le Vieillard (65 ans) Immense !

Après des lieux de sublimes paysages brûlés par le feu automnal rendant la forêt semblable à la palette d’un peintre fauve, nous voici enfin en la cité haute perchée de Bayardo où nous attend Massimo, plus proche de mon Quasimodo que de Marcello l’acteur de Fédérico Fellini…. Mais le Prodige et le Monstre ont les mêmes racines !.. Particulièrement en matière culinaire !... A peine assis, voici la ronde des plats allant plus vite que les mandibules… Malgré l’heure avancée de notre arrivée, les laquais sont déjà entre les fourneaux et les tables où les équipages vident généreusement pour leurs gosiers, leurs pichets d’Asti… Les toasts sont lancés joyeusement. Vive l’Empereur ! Vive les Organisateurs ! Vive Pacca ! La Mélancolie c’est le bonheur d’être triste…et bien ici, ni mélancolie, ni tristesse… au banquet du bonheur, bien peu sont conviés…et nous en sommes ! Je vous ferai grâce des 25 plats, entrées, consommés, entremets, ravioles, minestrones et tutti quanti… Sachez uniquement qu’il fut bien tard, lorsque nous quittâmes Massimo, pour aller visiter les ruines de la belle église dévastée par un tremblement de terre… Le retour se fit sur le chemin des crêtes accompagné des nuées célestes et divines guidant les pilotes frôlant de terribles fossés où tant de bons chrétiens rendirent leurs âmes… Mais la Providence aidant, tous les équipages arrivèrent sans encombre. Tous ?.... non, il faut l’avouer, la belle Italienne de Daniel « A » nous fit un dernier caprice de diva, juste avant de franchir la frontière. De violents tremblements associés à un ronflement inquiétant (et inélégant) mirent encore le bon Docteur Alain à contribution. Le diagnostic fut sans appel : la donzella Alfa avait de sérieux problèmes articulaires… Il fut décidé de la rapatrier en petite vitesse (ce qui nous a rappelé une autre belle Italienne du retour du Pays des Langue…) ce qui fut fait et sans encombres.

Il est temps à présent de conclure et remercier Annie et Daniel qui ont su offrir ce qu’ils avaient de meilleur : l’amitié et le plaisir de faire plaisir. A bientôt une autre ballade. On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera, et l’autre moitié à quitter ceux que l’on aime…

 

VICTOR H.